Diterzi,
une fille pas claire
CLAIRE DITERZI
BOUCLE
(Naïve)
Pionnière du folk dérangé en France, Claire Diterzi s'électrifie et cherche des poux à Camille.
Sur la pochette de Boucle, Claire Diterzi a la poitrine barrée d'une sangle et l'oeil guerrier. On dirait une amazone. Mais une amazone moderne qui aurait sacrifié son sein pour faire corps avec sa guitare. Acoustiques ou électriques, miniatures ou langoureuses, les cordes irriguent ce premier album solo engagé sur le front de la chanson française.
L'air de rien, capable de tout, Boucle possède plusieurs niveaux d'écoute. Il y a d'abord de jolies ritournelles tramées de tic-tac entêtants et de sons cristallins. Puis, le timbre choral de Claire titille l'ensemble en écho. Or, les mots ne trompent pas toujours. Si T.O.C chante l'amour léger comme une plume, Charlie est un homme marié qui "s'endort en pensant que l'herbe est bien plus verte dans le lit des autres".
Douloureux, parfois glauque, ça sent souvent le vécu. Car, à 30 ans et quelques étés, Claire Diterzi n'est pas née de la dernière pluie. Et Boucle n'a rien d'un bal de débutante. Deux groupes de rock alternatif précèdent cette native de Tours : Forguette Mi Notte créé à l'adolescence rebelle, puis Dit Terzi.
En 2000, la jeune femme décide de faire cavalière seule. Mais une rencontre flash avec le chorégraphe Philippe Decouflé en décide autrement. Deux ans durant, du Japon à Chaillot, elle accompagne Iris, sa dernière oeuvre, à la guitare et au chant. Avant de réitérer l'expérience auprès de son metteur en scène de mari, Alexis Armengol, sur les planches de la pièce Iku #1 et d'être sollicitée par Anne Feinsilber pour réaliser la bande originale de son film Requiem pour Billy H Kid... L'an passé, elle a dit merci pour tout à tout le monde et s'est retirée dans sa cave rêveuse. Fruit mûri de cette expérience tricéphale, Boucle boucle enfin la boucle.
3 QUESTIONS À CLAIRE DITERZI
Pourquoi Boucle?
Mon album s'appelle Boucle, car à partir du moment où j'ai décidé de le réaliser en 2000, je n'ai cessé de faire des détours par le théâtre, la danse, le cinéma... C'était donc une nécessité de me rassembler.
Comment le définiriez-vous?
Ce disque est une déclaration d'amour à la guitare électrique. Près de 90% de son architecture en découle. Même tous ces petits sons electro ne sont autres que des boucles de guitare.
Et du point de vue des textes?
Une fois, j'ai lu une interview de Mathilde Seigner qui m'a vraiment fait réfléchir. Elle disait qu'une chanson ça doit être vraiment con. Qu'on a besoin de niaiserie pour vivre. Ah bon? Les gens considèrent la musique et la chanson française comme ça? C'est bête à bouffer du foin !
Eléonore Colin
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